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Cet espèce de monstre

Les réalisateurs Bruce Sinofsky et Joe Berlinger, déjà connus pour leurs documentaires "Paradise Lost" et "Brothers Keeper", dans lesquels figurent des chansons de Metallica, ont suivi la formation californienne pendant deux ans et demi et ont pu assister à la création de l'album "St.Anger". Plus de mille heures d'enregistrement auront servi de matière à "Some Kind Of Monster".

Un reportage qui nous dévoile la vie très mouvementée d'un groupe de légende dont la carrière menaçait de prendre fin à la suite du départ de Jason Newsted et des addictions à l'alcool de James Hetfield.

Les moments forts du documentaire

Jason Newsted: Le documentaire est vite axé sur l'ex-bassiste. Interviewé, il rappelle son attachement à la musique, qui est pour lui la seule chose qui importe vraiment. Tout au long de sa carrière au sein de Metallica, il a tenté de concevoir des projets parallèles, ce qui lui a valu de se faire sérieusement remonter les bretelles par James Hetfield et Lars Ulrich. Metallica est un groupe uni, comme un poing, ses musiciens ne se dispersent pas pour des projets solos. Le natif du Michigan s'est fait une raison. Dans "Some Kind Of Monster", James explique qu'il avait peur que ces projets n'empiètent sur l'avenir du groupe. Les paroles de "All Whithin My Hands", morceau figurant sur "St.Anger", évoquent d'ailleurs ce sentiment de contrôle qu'exercent certaines personnes sur d'autres. Parti, Newsted a tout de même laissé entendre qu'il aimerait revenir dans le groupe, si toutefois on le lui demandait, mais il n'en sera rien. Bob Rock et le thérapeute Phil Towle ont jugé que Metallica avait un nouvel objectif à atteindre, et que cela devait se faire sans Jason.

Jason c'est le futur, Metallica c'est le passé... _ Lars Ulrich

Le batteur fait référence au fait que l'aventure continue pour Jason, qui a intégré Echobrain, tandis que pour Metallica, c'est le stand-by total. Et pour cause, Hetfield est entré en cure de désintoxication.

Some Kind Of Monster

Lars Ulrich: Entre frustration, énervement, déménagement et vente de tableaux effaçant bon nombre de souvenirs du passé, on sent un Lars Ulrich sceptique essayant inlassablement de trouver la voie, celle qui permettra à Metallica de renouer avec le succès. On le sait, quand le batteur a quelque chose à dire, il le dit. Lorsqu'il ne sait plus comment expliquer les problèmes impliquant Hetfield, la tension monte, les coups de gueule fusent. Metallica, c'est son seul et unique groupe, alors quand il émet des doutes sur l'avenir du groupe, c'est un Lars déprimé qui s'offre aux caméras. Il avait incontestablement besoin de poursuivre l'aventure Metallica, de faire ce qu'il aime et ce à quoi il s'est tant dévoué depuis toutes ces années. Un des moments forts du docu est incontestablement le passage l'incluant avec Dave Mustaine. Le leader charismatique de Megadeth révèle au batteur la profonde tristesse ressentie depuis son renvoie de Metallica. Lars lui avoue en être désolé...

Je m'attends au pire [...] J'espère qu'il reviendra et qu'il finira l'enregistrement de cet album avec nous mais s'il décide d'abandonner Metallica, ça ne sera pas une surprise pour moi. _ Lars Ulrich (à propos de James Hetfield).

Kirk Hammett: S'il y en a un qui est resté humble, qui s'est toujours bien senti dans ses baskets et qui n'a jamais été le centre d'un quelconque souci au sein du groupe, c'est bien Kirk. Il faut dire aussi celui qui a été l'élève de Joe Satriani n'avait que sa timidité à opposer aux égos surdimensionnés du duo infernal composé par Lars et James. Toutefois, Kirk constitue clairement un pilier important de la formation. Cette période de flottement vécue par le groupe lui a pourtant permis de s'affirmer et de se démarquer un peu plus. On peut le voir ainsi exprimer sa volonté de ne plus faire de solos "conventionnels", il réclame du changement. Et du changement, il va en avoir avec l'enregistrement de "St.Anger", peut être pas celui qu'il attendait soit dit en passant... Pour rappel, il n'y a pas le moindre solo de guitare sur le huitième album studio des horsemen. Pour la petite histoire, c'est lui, le premier à avoir été mis au courant du souhait de Jason Newsted de réintégrer le groupe, et c'est aussi lui, qui a conseillé au reste des membres du groupe d'auditionner son ami Robert Trujillo. Le moment le plus marquant concernant Kirk dans le film, survient juste après que James Hetfield ait évoqué les décisions à prendre sur les chansons, ne voulant pas que le soliste soit mis à l'écart. Réponse du concerné:

C'est ce que vous m'avez fait pendant quatorze ans... _ Kirk Hammett

Bob Rock: Après avoir servi de roue de secours en palliant l'absence de Jason Newsted au poste de bassiste, Bob Rock est de nouveau aux manettes en tant que producteur du groupe. Présent pour les grandes explications, attentif et faisant preuve d'un très grand calme. Il a donné l'impression de vouloir vraiment remettre en marche la "machine" Metallica. L'enregistrement du nouvel opus nous le montre bien, il a notamment pris part aux compositions et à l'écriture des paroles des chansons.

Phil Towle: Craignant de voir disparaître l'un de ses artistes les plus lucratifs, Q-Prime Management, en charge de la gestion du business de Metallica, a cru bon de mettre en relation son poulain avec le thérapeute Phil Towle, qui avait déjà travaillé avec plusieurs stars du sport et de la musique. Comme Bob Rock, il s'est senti comme membre à part entière du groupe. Il a même changé de domicile pour se rapprocher des membres du groupe. Et lorsque Lars et James ont émis le souhait de mettre fin à la collaboration, Phil Towle tentera de les persuader qu'ils ont encore besoin de ses services, des services facturés 40 000 dollars par mois tout de même.

Robert Trujillo: Les auditions pour le recrutement du remplaçant de Jason Newsted au poste de bassiste, constitue assurément un des moments forts du documentaire. Parmi tous les prétendants au poste, Rob Trujillo a été tout simplement le meilleur.

Nous avons été impressionnés par le style de Rob. _ Lars Ulrich
Nous avons tous senti cette magie incroyable entre nous quatre. Il y avait quelque chose que nous ne pouvions pas décrire. _ James Hetfield

L'ancien membre de Suicidal Tendencies ou encore d'Infectious Groove a d'ailleurs reçu en guise de cadeau de bienvenue un million de dollars. Une scène, qui prouve pour ceux qui auraient pu en douter, que le groupe est incroyablement riche.

James Hetfield: Pourquoi parler de James en dernier ? Parce qu'il a un rapport/problème avec un peu tout le monde. Au fil du temps, il s'est comme approprié Metallica, il en est arrivé à un point où rien ne pouvait se faire sans son accord. James a, grâce à cette période, redéfini ses objectifs et a compris ce qui était important. Il pensait être solide et impénétrable, il a fait l'effort de se laisser faire, de sorte à ce que l'on puisse creuser en lui, et lui étaler aux yeux, aux oreilles et dans les sentiments ce qui n'allait pas avec sa personne. Comme le reste de la formation, il a besoin de la musique, c'est elle qui l'a aidé dans son enfance et dans son adolescence, mais c'est très vite devenu un vice incontrôlable qu'il croyait maîtriser. Véritable tête de mule, très dur à faire plier, à faire accepter la vérité, James est limite une personne froide, ou plutôt "était", l'emploi de l'imparfait serait plus approprié, car depuis son retour de cure, on le sent affecté d'avoir été loin de sa famille et de Metallica.

Some Kind Of Monster

Parmi les autres séquences intéressantes du documentaire, on notera:
- le changement de studio en allant du presidio au HQ, afin de permettre au "nouveau Metallica" de mieux travailler,
- Lars Ulrich qui fait écouter quelques extraits du nouvel album à son père,
- James Hetfield qui prend un billet à destination de la Sibérie, un voyage à l'occasion duquel il aura pratiqué une de ses passions, la chasse,
- Robert Trujillo apprenant qu'il est l'heureux élu,
- la fin du documentaire qui se termine par quelques images de la prestation des four horsemen lors des fameux concerts du 11 juin 2003 à Paris.

Projection au cinéma

Beaucoup de gens se sont demandés pourquoi le groupe a accepté de filmer cette thérapie, car après tout, ces "scènes de ménages" auraient bien pu se régler en privé. Pour Lars Ulrich, le projet de Berlinger les a aidés à être plus honnêtes les uns vis-à-vis des autres. Par ailleurs, ce film sera à l'origine de la non reconduction du contrat qui liait Metallica à sa maison de disque: Elektra Records du groupe Warner Music. En effet, la formation californienne a été contrainte de racheter pour plus de quatre millions de dollars le droit d'utiliser sa propre musique dans le documentaire.

Pour assurer la promotion du film, un site spécial a été mis en place pour informer les fans. Une petite douzaine de photos et des extraits étaient disponibles. La page internet n'est plus accessible aujourd'hui. La première projection du reportage a eu lieu le 15 janvier 2004. Depuis, de nombreuses projections aux Etats-Unis ont eu lieu, pays dans lequel "Some Kind Of Monster" a fait un malheur et a d'ailleurs été récompensé au Sundance Festival. En France, le docu a été projeté à Paris au Grand Rex.

Remerciements: Jason 69