Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

 FacebookTwitter

 Sélection Store

Edition Deluxe Master Of Puppets
Edition Deluxe
Master Of Puppets
Commander

Le groupe revient sur la sortie de Reload

- Il y a peu, tu déclarais que Metallica était un groupe Pop. C'est une blague ?

Lars: Je suis arrivé au point où je considère que ce que je dis n'a pas de grande importance. Par contre, je suis surpris de l'importance qui y accorde les fans. Je sais parfaitement qui nous sommes et ce que nous faisons et j'en suis très fier, mais je ne prends pas du tout au sérieux ceux qui débattent pour savoir si Metallica est assez Heavy ou rapide. Disons juste que je déconnais. Je ne veux pas penser comme un groupe de Heavy ; est-il possible de jouer du Hard Rock sans être obligé de raisonner comme 99% des groupes de Metal qui sont prisonniers des règles imposées. Je crois que oui. Qu'est-ce que la Pop ? Le diminutif de populaire... et putain on est populaire !

- Certains te décrivent comme une Rock star cupide qui a perdu tout contact avec les fans ?

Lars: Je ne suis pas d'accord. Une Rock star cupide ? J'ai agi et vécu comme une Rock Star pendant des années, j'adorais ça et je me suis vraiment éclaté, mais cette époque est révolue. Je préfère rester avec ma femme. C'est cool de pouvoir faire ce que l'on veut avec Metallica, ce qui ne signifie pas pour autant qu'il faille agir comme un porc. Pour ce qui est de la perte de contact avec les fans... oui, d'une certaine façon mais c'est uniquement parce que suivre ce qui se passe dans le monde du Metal ne m'intéresse plus. J'ai d'autres centres d'intérêts. Je ne lis plus aussi avidement les magazines et je ne mets plus de point d'honneur à rencontrer toutes les Rock stars existantes.

- Que penses-tu aujourd'hui du "Black Album" qui vous a valu d'accéder au statut de superstars ?

James: Nous étions confiants mais Lars a eu davantage le nez creux que moi. Il a une vue globale des albums alors que moi, je m'arrête plutôt sur les chansons. "Metallica" s'est trouvé là au bon endroit, au bon moment. Crois-moi, s'il sortait aujourd'hui, il ne se vendrait certainement pas à 18 millions d'exemplaires dans le monde. Nous avons pris le meilleur tournant possible avec le "Black Album", qui est le plus dense de notre discographie, car la direction que nous suivions avec "..and Justice For All" ne pouvait mener nulle part. Bob Rock nous a aidés et guidés dans notre nouvelle voie.

- Quelle a été ta réaction quand tu as entendu Lars définir Metallica comme un groupe Pop ?

James: Je suis prêt à faire n'importe quoi pour ne pas lire ce que raconte Lars [rires] ! Metallica, un groupe Pop ? Très bien, je pense qu'à présent en interview, nous nous permettons de dire des choses que nous n'aurions jamais dites auparavant. Pourquoi ? Parce que nous nous foutons de ce que pensent les gens. Aujourd'hui, nous sommes quatre individualités. Je pense qu'être une Pop star est un fantasme de Lars qui a toujours eu en lui quelque chose d'une star. Ca lui passera, c'est une phase qu'il traverse. Quand on le harcèle à ce sujet, il dit: "Mais pourquoi ne m'avez-vous pas dit que j'avais l'air stupide avec cette veste blanche ?". C'est sa façon à lui de s'excuser. Et puis, il recommence avec quelqu'un d'autre, c'est marrant. Nous cherchons tous notre look: look de cow-boy, mécanicien, look à la Sepultura... On a tendance à ressembler à ce que l'on aime. Si Lars aime la Pop, ainsi soit-il.

- Considères-tu toujours Metallica comme un groupe agressif ?

Jason: Je pense que quelque soit notre degré de popularité et même si nous sommes devenus plus grand public, nous le resterons toujours d'une certaine façon en raison de nos racines. "The Memory Remains" est agressif car il est lourd, hypnotisant et qu'il te reste dans la tête. Pour la toute première fois de la carrière du groupe, il y a même une personne extérieure à Metallica qui participe à un titre, Marianne Faithfull, tu te rends compte, c'est dingue.

- A la sortie de "Load", tu disais que le son aurait pu être plus Heavy, es-tu plus satisfait de "Reload" ?

Jason: Je suis très satisfait de la diversité des morceaux. "Reload" est plus audacieux, ne serait-ce qu'en raison des sons déférents qu'utilise Kirk. Le solo de "Devil's Dance" a presque quelque chose de Hip Hop, ce qui est très cool. Avec "Load", il y avait beaucoup de choses à digérer et ce nouvel album est plus riche. La musique actuelle est tellement métissée que le public est plus ouvert à la folie mélangée à d'autres formes de folie. Ce qui nous permet de garder les traits les plus marquants de Metallica, comme la voix de James, et d'y ajouter des sons bizarres. "Reload" est vraiment représentatif de l'année 1997.

- "Reload" aurait-il pu être plus audacieux ?

Lars: Je ne veux pas qu'il y ait de malentendu. "Reload" est la seconde moitié de "Load", la fin du chapitre des milieux des années 90. La prochaine fois que le moment viendra de composer de nouveaux titres, je serai complètement ouvert et il pourra se passer n'importe quoi. Nous allons partir en tournée l'année prochaine, et nous avons des projets sous le coude. De toute façon, quoi que nous fassions maintenant, nous ne serons plus jamais considérés comme le groupe agressif des années 80. Il y aura toujours un groupe plus novateur, qui cherchera à être plus Metal que nous. Quoi qu'il en soit, jamais plus ne nous forcerons à jouer quelque chose que nous n'aimons pas. Désormais nous ne faisons plus que ce qui nous vient naturellement.

- Bien que "Load" soit très différent musicalement du "Black Album", il a suscité pas mal de controverses, notamment à cause de votre nouveau look ?

Kirk: Je suis tout à fait d'accord. Ces changements se sont peu à peu opérés en nous mais vu de l'extérieur, on aurait dit que nous avons changé du jour au lendemain, ce qui a rebuté beaucoup de fans. Musicalement, je ne pense pas que nous ayons changé tant que cela, même si sans doute "Load" était un peu plus mélodique. Je suis impatient de voir ce que donnera notre huitième album.

- Quelles sont vos relations au sein de Metallica ?

Kirk: Nous étions évidemment très proches à nos débuts. Metallica était un groupe dans lequel ne ressortait aucune individualité, alors qu'aujourd'hui, nos différences sont devenues une force. Nous écoutons tous des styles musicaux différents, ce qui ajoute au son en perpétuelle évolution de Metallica. Et ça le fait. Si nous avions les mêmes goûts, ça serait extrêmement chiant.

- Au bout de 15 ans de vie commune, es-tu toujours proche des autres musiciens ?

Lars: Humainement parlant, en termes d'engueulades et de prises de têtes, "Reload" est l'album le moins difficile que nous ayons jamais enregistré. On dirait que plus nos personnalités nous éloignent les uns des autres, plus Metallica est soudé. C'est notre seule connexion, notre seul point commun. Je m'entends très bien avec Kirk, sa petite amie et ma femme s'entendent tout aussi bien. Quant à James, il est dans son trip: il a une résidence secondaire à San Francisco où il se rend très souvent. Je ne le fréquente pas beaucoup en dehors de Metallica, et en ce qui concerne Jason, ne nous voyons pour ainsi dire jamais. Je pense que cela remonte le groupe et "Reload" me l'a prouvé.

- Que penses-tu de ton statut dans Metallica ?

Jason: J'en suis très satisfait.

- Pourtant, tu n'as co-écrit que trois chansons en onze ans ? Ne t'es-tu jamais senti frustré pour avoir envie de claquer la porte et de leur dire d'aller se faire voir ?

Jason: Quitter le groupe ? N'importe quoi ! Parce que je ne prends pas part aux compositions ? Je me fiche de ne pas participer à l'élaboration des chansons: l'essentiel pour moi est de les jouer sur scène. C'est James qui fait que les chansons sonnent comme du Metallica. Je disposais peut être de quelques riffs et qui auraient pu le faire et que j'ai finalement utilisés en tapant le boeuf avec les mecs de Sepultura. Mais je ne crois pas que je pourrais composer de meilleures chansons que James pour Metallica. Je suis enchanté à l'élaboration d'un morceau, et ça fait onze ans que je joue de la basse sur chaque chanson, c'est moi qui tient la basse à chaque concert, et que je me donne à chaque fois à 200%. Je ne me sens donc pas du tout lésé parce que les autres et les fans du groupe me montrent toujours du respect. Jouer en live avec Metallica, c'est toute ma vie. Je laisse donc le soin de composer à ceux qui le font le mieux.

- Jason dit qu'il est heureux dans Metallica bien que vous rejetiez systématiquement ses chansons. Si tu es étais à sa place, aurais-tu déjà claqué la porte ?

James: Vu ma personnalité, c'est fort probable. Mais c'est une bonne place que d'être membre de Metallica. Jason a une cinquantaine de projets parallèles et c'est cool. Quand sa démo est passée à la radio et qu'on l'a su, nous n'avons éprouvé aucune jalousie mais ça nous a pris la tête: Metallica est comme un point et personne dans le groupe ne doit s'amuser dans des projets solo. On s'est expliqué et il nous a dit qu'il avait besoin de jouer des morceaux qu'il avait composé pour s'éclater. A sa place, j'aurais sans doute déjà dit quelque chose ou essayé de comprendre pourquoi mes morceaux n'étaient jamais retenus.

- Il dit que c'est parce que les tiens sont meilleurs...

James: Ce n'est pas difficile à conclure, puisque ce sont eux que l'on choisit.

- Tu es le plus accessible des membres de Metallica, celui qui semble être le plus en contact avec la réalité et les fans ?

Jason: Je l'espère. James se la joue profil bas. Même si c'est lui le patron. J’essaie d'être le plus effacé. J'ai travaillé dur pendant des années et c'est la raison pour laquelle je n'ai aucun mal à garder les pieds sur terre. J’essaie de rester rationnel, ce qui n'est pas facile quand on s'occupe de toi tout le temps et que tu fais partie d'un groupe qui gagne des millions de dollars. L'énergie que me procurent les fans en tournée est quelque chose de presque égoïste. Parfois, certains soirs, quand je vais discuter avec eux, il y en a un qui me dit: "Alors, vous avez tiré à la courte paille et c'est toi qui a perdu ?". C'est tellement loin de la vérité... J'ai besoin de leur énergie pour pouvoir donner les 200 concerts suivants. En tournée, mes seuls contacts avec l'extérieur se résument à répondre aux interviews et à discuter avec les fans. J'aime bien boire un verre mais je n'aime pas la fumée et les gens qui s'agitent en tout sens. Ce n'est pas l'idée que je me fais d'une bonne soirée.

- Le 18 octobre vous avez donné votre premier concert acoustique de votre carrière, quel souvenir en gardes-tu ?

Lars: C'était très fun. Nous maintenons Metallica en vie parce que nous ne forçons pas à faire ce qu'on l'attend de nous. C'est pour nous un gage de longévité.

Interview: Anthologie du Hard Rock Spécial Metallica
Remerciements:
Kevz