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Monopoly Metallica
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Rob Trujillo décrit son intégration

C'est un fait, Robert Trujillo est le bassiste de Metallica. Quelques heures avant la sortie de St.Anger, nous sommes allés questionner le bonhomme sur sa personnalité, mais également sur sa place au sein du plus gros groupe de Metal au monde !

Interview par Hard N' Heavy Magazine

- Vous avez fait une apparition surprise au Download Festival en Angleterre pour votre retour en Europe. Comment s'est passé ce concert ?

C'était très fun. Nous avons fait ça sur un coup de tête. Nous sommes arrivés sur le site du festival environ une demi-heure avant notre show, nous avons branché nos instruments et pris notre pied. Avant cela, nous avions également donné quatre concerts à Filmore de San Francisco et ces shows représentent bien ce qu'est Metallica aujourd'hui: le plaisir de jouer.

- Quelle a été la réaction du public lorsque vous avez joué "St.Anger" et "Frantic", deux nouveaux morceaux ?

Excellentes. Les nouveaux titres sont totalement dingues. C'est rapide, mélodique, dynamique. J'adore. Mais la plupart des personnes ne connaissaient pas encore les paroles pour les reprendre avec nous. En contrepartie, tout le monde headbangait en nous écoutant.

- Toi qui a un regard neuf, comment comparerais-tu les morceaux de "St.Anger" au reste de la carrière du groupe ?

Lorsque j'ai écouté ces titres pour la première fois, j'étais très heureux et excité. Cependant, je ne faisais pas encore partie de Metallica et tout était joué par Bob Rock. Mais j'avais très envie de les rejoindre ! Pour revenir à la question, Metallica fait et a toujours fait ce qu'il veut avec sa musique. "Load" et "Relaod", ainsi que l'album symphonique, étaient ce que le groupe avait vraiment envie de faire à l'époque. Entre eux, ils se lancent des défis sans arrêt. Pour ce nouvel album, ils ont voulu tenter de nouvelles choses. Et au fur et à mesure de l'écriture, ils sont arrivés à quelque chose de rapide, de Heavy et se sont aperçus que c'était ce qu'ils aimaient vraiment, ce qu'ils faisaient naturellement. Pour moi, rejoindre le groupe à ce moment précis est un vrai bonheur car ils jouent exactement ce que j'aime. Je n'en peux plus d'attendre d'écrire de nouveaux titres avec eux !

- Que penses-tu pouvoir apporter à la musique de Metallica ?

Je ne sais pas encore. J'aime collaborer, c'est sûr. L'un des problèmes quand je jouais avec Ozzy, c'est que je n'avais pas vraiment le loisir de participer à l'élaboration des morceaux. Avec Metallica, c'est différent. Ils ne sont pas contre la collaboration,. Nous avons tous à peu près le même âge et nous sommes tous excités, un peu comme si nous étions redevenus adolescents. En tant que bassiste, j'ai eu la chance de jouer avec Suicidal Tendencies, Infectious Grooves, Ozzy Osboure, Jerry Cantrell, Black Label Society. Ces dernières années ont été excellentes pour moi, aussi bien sur le plan de la création que sur le plan des concerts. Ce qui est excitant avec Metallica, c'est que je ne sais pas ce que nous allons faire par la suite. Mais je sais que ce sera de toute façon très bien.

- Tu sembles réellement heureux de faire partie de Metallica, comme si c'était ce que tu attendais depuis le début de ta vie de musicien.

Tout à fait. Lorsque j'ai intégré Suicidal, c'était un grand moment de ma vie. Mike Muir et moi avons également fait trois albums avec Infectious Grooves. C'était une période très créative, il n'y avait aucune règle. Lorsque j'ai quitté Mike, j'ai reçu un coup de fil me demandant de venir jouer avec Ozzy. Jouer avec lui pendant ces sept années a été un honneur pour moi, mais également un défi de tous les jours. La vie pourtant veut que tu suives ton propre chemin. Un peu comme Jason qui fait désormais ce que je faisais avant, en jouant dans différents projets mais aussi avec Ozzy. De mon côté, je réalise mon rêve en jouant avec Metallica. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

- Tu disais qu'avec Ozzy tu n'étais pas considéré comme un membre à part entière. Est-ce que ça a changé beaucoup de choses dans ta tête ?

Oui, avec Metallica, on fait beaucoup de réunions. Lorsqu’ils se réunissaient entre les prises pour le tournage du DVD, je partais dans mon coin pour bosser. Là, James demandait aux autres où j'étais, pourquoi je n'étais pas avec eux. En fait, je ne pensais tout simplement pas qu'ils pouvaient m'attendre pour prendre des décisions sur l'art-work, les décors de scène, etc. Après toutes ces années avec Sharon et Ozzy qui prenaient leurs décisions dans leur coin, je ne pensais pas qu'un groupe puisse réclamer mon avis. C'est là que je me suis rendu compte que j'étais dans un vrai groupe.

- Tu devais être assez stressé d'intégrer une formation dont les trois membres sont très liés...

C'est vrai. Tout est arrivé vraiment si vite que je ne savais pas tellement quelle était ma place. Imaginez, je rencontre les gars et deux jours après, ils me disent que je fais partie du groupe. C'est beaucoup pour un seul homme [rires]. Surtout qu'ils m'ont tout de suite annoncé qu'il fallait que j'apprenne les onze nouveaux titres en quinze jours et qu'il me faudrait être disponible pour des tas d'interviews, des sessions photos, etc. J'étais tellement concentré à donner le meilleur de moi-même que je ne voyais pas la folie qui se passait autour du groupe.

- Maintenant, tu réalises complètement ce qui t'arrive ? Tu réalises que, toi aussi, tu es Metallica ?

Mieux: je le comprends. Je grandis avec eux, non pas comme un musicien du groupe, mais plus comme un membre de l'équipe, de la famille Metallica. Je connais de mieux en mieux James, Lars et Kirk. C'est important de bien connaître les gens quand tu intègres un groupe qui joue ensemble depuis tant d'années. Je sais que la communication est vraiment très importante pour James et je fais en sorte qu'il n'en manque pas.

- Lorsque tu parles de Metallica, tu ne parles jamais de groupe mais d'équipe, de famille. Dans ton esprit, le concept de groupe est-il périmé ?

C'est ce que je ressens en tout cas. C'est drôle car lorsque je les ai rencontrés pour la première fois, j'ai vu trois personnes totalement différentes les unes des autres. Bien sûr, ils partagent la même passion pour le Metal classique tel Black Sabbath, Led Zepplin, Judas Priest. Mais Lars aime les nouveaux groupes de Rock comme The Datsuns, The White Stripes, alors que James aime Social D et Kirk est à fond dans le Reggae. C'est comme pour les choses de la vie. James adore les bécanes, les grosses voitures alors que Lars est plus attiré par l'art en général. Ils ont vraiment des personnalités différentes. Ils peuvent s'engueuler comme des frères, très soudés mais totalement différents.

- Jason a toujours été considéré comme "le petit nouveau" du groupe. Penses-tu que, parce que tu es déjà connu, tu vas être mieux accepté par les fans ?

Oui, sans doute. C'est un peu comme dans une équipe de foot. Lorsque tu perds l'un de tes meilleurs joueurs, tu ne le remplaces pas par un débutant. Tu fais comme Metallica. Tu prends quelqu'un qui a le même âge que toi, quelqu'un que les gens connaissent déjà, qui est habitué à partir en tournée, à jouer en studio. Je vais aussi leur prouver que j'ai ma place dans le groupe en me donnant à fond. Je ne serai jamais Cliff Burton ou Jason Newsted. Je ne serai que Rob Trujillo. Grâce à mon passé dans Suicidal Tendencies, Infectious Grooves ou Ozzy Osboure, je crois que les fans ne se poseront pas la question de savoir si je headbangue comme le faisait Jason ou pas. Il faut également savoir que nous sommes en présence d'un tout nouveau Metallica: un nouveau son, un nouvel album, un nouveau line-up. Ces types ont traversé beaucoup de choses ces quatre dernières années et ils veulent vraiment tourner la page. C'est un renouveau pour eux et j'ai la chance d'en faire partie. Nous pensons déjà à un nouvel album, à ce que nous allons faire dans les années à venir. C'est génial. Comme je l'ai déjà dit, nous sommes redevenus des ados qui ne se soucient pas de savoir s'ils sont trop vieux pour jouer cette musique.